Habiter l’impermanence et processus projectuels contemporains : l’eau comme territoire vécu et pensé, à partir du cas du bassin du Tonlé Sap (Cambodge)

Par Clara CAROFF

Thèse de doctorat débutée en 2020

Sous la direction de Aysegül Cankat

Thèse fiancée par

Résumé de thèse

Habiter l’impermanence : en quoi considérer l’eau comme ressource et territoire permet-il d’interroger les processus projectuels contemporains ? Comment penser les lieux d’établissement de l’homme avec les risques et aléas d’un milieu contraint, notamment par l’eau ? L’objectif de ce temps de recherche est d’appréhender l’eau comme espace d’impermanence, afin de renouveler les méthodes projectuelles afférentes à différents milieux contraints et d’inventer des outils qui permettent d’accepter les aléas d’un site pour affiner les processus de conception. Cette sensibilité accrue au contexte ancre l’intervention architecturale dans le milieu qui l’accueille. Nous proposons l’approche des aléas par le médium qu’est l’édifice, au travers du dialogue entre les connaissances savantes et vernaculaires d’un territoire. Le cas du bassin du Tonlé Sap, au Cambodge, nous intéresse car nous pourrons y appréhender l’eau comme espace et territoire vécu et pensé. À partir d’un milieu contraint tel que ce bassin, l’hypothèse est qu’il est possible de nourrir les processus de projet par l’interrogation des mythes et connaissances scientifiques, et ce à travers le prisme des questions sociétales contemporaines. Ce terrain a été auparavant pour nous un sujet d’étude dans le cadre du mémoire de master 1 ainsi que du Projet de Fin d’Etudes. Un temps de ce travail sera consacré au terrain, par le dessin et re-dessin de l’habitat du Tonlé Sap. Les connaissances extraites permettront de produire à propos de ce lieu de nouvelles données spatiales. L’étude d’un cas, connaissant de grands aléas saisonniers, permettra d’interroger les stratégies mises en place dans d’autres contextes, ainsi que l’expertise spécifique à l’architecte. En quoi la mise en vis-à-vis de connaissances vernaculaires (dispositifs, cycles, organisation spatiale) avec les connaissances institutionnelles peut-elle nourrir et renouveler la pratique de l’architecte ? Comment les connaissances produites à partir d’un terrain spécifique peuvent, au-delà de cette localité, participer à la mise en place et l’assemblage d’outils servant le processus de projet, et ce notamment au regard des enjeux actuels liés à l’environnement, l’économie et la société. Comment les outils propres au domaine de l’architecture tels que le dessin et re-dessin participent-ils à la construction des processus projectuels ? Dans le cadre de la thèse, ce temps de recherche vise à explorer les possibilités de renouveler les pratiques de projet en architecture, et ce en accord avec les questions actuelles de société. À partir de l’étude des établissements humains du Tonlé Sap, deux objectifs sont visés par ce projet de thèse : le premier est la production de connaissances locales. Le deuxième objectif est d’élargir la réflexion à partir de ces connaissances, pour contribuer aux processus projectuels contemporains, où l’aléa et l’impermanence font partie de la pensée.

PhD’s abstract

Inhabiting impermanence: how can considering water as a resource and a territory call into question the contemporary project process? How can we imagine places for human settlement with the hazards and risks of a constrained environment, especially one constrained by water? The goal of this research is to understand water as an impermanent space in order to revitalize the project methods used in various constrained environments, and to invent tools to cope with site hazards in order to refine the design process. This heightened sensitivity to context anchors the architectural enterprise in its environment. We propose to approach the hazards through the edifice as medium, through the dialogue between scientific and vernacular knowledge about a territory. We are particularly interested in the case of the Tonle Sap basin because it allows us to study the water as a space and as lived and conceptualised territory. From a constrained environment such as this water system, the hypothesis is that it is possible to fuel the contemporary process of architectural projects by questioning myths and scientific knowledge, through the prism of contemporary societal questions. For us, this site was already a case study as part of the master 1 thesis as the final project. Part of this research work will be dedicated to a field survey, including the drawing of edifices located in the Tonle Sap basin. Some new spatial data will be produced through the knowledge gained in that way. The case study, in-situ, in a territory subject to great seasonal hazards, will call into question strategies set up in other contexts, as well as the architect’s specific expertise. How does the dialogue between vernacular knowledge (plans, cycles, spatial organisation) and institutional expertise nourish and renew the architect’s practice? How can the knowledge produced from a specific site contribute to the set up and the combination of tools serving the project process beyond this locality, especially with regard to the current environmental, economic and social concerns? How can the tools specific to the field of architecture such as drawing and redesign be a part of the development of the project process? As part of the doctorate, this research aims to investigate ways to renew the architectural project process in accordance with current societal issues. Starting from this study of the Tonle Sap human settlements, this thesis has two goals: first, to produce local knowledge; second, to use this knowledge to broaden architectural thought in order to help renew the contemporary architectural project process, making hazards and risks an intrinsic part of the conceptualisation.

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