Le modèle de la garden city comme une des références possibles pour la transformation de la ville mexicaine

Par Benoit d’ALMEIDA

Thèse de doctorat débutée en 2016

Sous la direction de Gilles Novarina et de Stéphane Sadoux

Thèse financée par une Bourse du Ministère de la Culture et de la Communication et du LabEx Architecture, Environnement & Cultures Constructives.

Résumé de thèse

Lorsqu’Ebenezer Howard imagine sa Garden city, il cherche « une réponse inédite » à ce que les contemporains de la seconde moitié de dix-neuvième siècle considèrent comme « une crise urbaine sans précédent » : les grandes villes sont surpeuplées et les conditions de vie des classes populaires désastreuses ; la spéculation foncière conduit à une urbanisation incontrôlée à la périphérie des villes. La Garden city, dont l’influence sur les théories de l’urbanisme a été immense, repose sur le « retour du peuple à la terre » et cherche à conjuguer les qualités sociales, économiques, environnementales, etc. de la ville et de la campagne. Elle se fonde sur la réalisation d’un système de cités satellites connectées par un réseau de transports. La propriété collective du foncier doit permettre d’y empêcher l’appropriation des plus-values foncières par les spéculateurs, et de les réinvestir au profit de la communauté. Les architectes Barry Parker et Raymond Unwin spatialisent la Garden city en faisant le choix d’une architecture pittoresque, de tracés adaptés au contexte géographique, et en utilisant la nature comme un élément structurant de l’organisation urbaine. La Garden city se diffuse dans de nombreux pays d’Amérique latine, dont le Mexique. Un groupe d’architectes et d’ingénieurs parmi lesquels Carlos Contreras, Ignacio Bancalari, José Cuevas Pietrasanta convoquent le modèle pour planifier un Mexique postrévolutionnaire en phase avec ses idéaux. En s’inspirant de la Garden city Association, ils créent l’Association Nationale pour la Planification de la République Mexicaine qui s’intéresse à la fois à la diffusion du modèle et promeut une planification à l’échelle du pays tout entier. En 2016, le Rapport National de la prospérité urbaine au Mexique de ONU Habitat souligne les grands défis auxquels le pays fait face. Ces défis apparaissent peu éloignés de ceux auxquels Howard cherche des réponses. Si le XXe siècle a été celui de sa célèbre Réforme agraire, le Mexique prône aujourd’hui la nécessité d’une grande réforme urbaine. Cette thèse s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle la Garden city pourrait constituer « un réservoir de précédents » dont les acteurs mexicains peuvent s’inspirer pour impulser la transformation de leurs villes et territoires. Alors que de nombreux rapports mettent l’accent sur la ville compacte et la densification de ses tissus existants, ce travail défend qu’il soit possible d’étendre la ville de façons vertueuses. Il convoque à ce titre des réflexions héritières de la Garden city telles que le neighborhood unit, ou le New Urbanisme plus contemporain. Plus d’un siècle après les propositions de Howard nos villes semblent être confrontées à des problématiques relativement proches. Ses idées n’ont jamais réellement été mises en pratique à grande échelle ; alors même que Letchworth première matérialisation du modèle a prouvé de sa faisabilité. Face aux statuquos qui durent depuis tant de décennies, n’est-il pas temps de bouleverser notre imaginaire de la ville et de rompre avec nos pratiques actuelles ? La démonstration d’une telle hypothèse passe par une réflexion en trois temps. Primo, en questionnement les notions théoriques de modèle et de diffusions, puis en définissant la Garden city non seulement comme modèle urbain, mais également comme projet de société en mesure de proposer une nouvelle façon d’imaginer les villes et territoires de demain. Ce travail défend que la Garden city est un réservoir de références qui se fabrique au travers d’un perpétuel va-et-vient entre la théorie et l’empirique. Il revient sur les différents précédents qui le composent, sur ses principes, et ses matérialisations pour le définir au travers d’un certain nombre d’aspirations sociales et de principes spatiaux. Secundo, en étudiant la diffusion du modèle dans le contexte mexicain. Cette phase analyse ses canaux de diffusion, ses matérialisations les plus significatives, et statue sur les transformations que ces réalisations subissent. Elle souhaite montrer que parler de Garden city au Mexique n’est pas un insensé grand écart et que le pays a déjà largement convoqué ce précédent par le passé. Tertio, en formulant une nouvelle matérialisation théorique de ce que peut inspirer ce « réservoir de précédents » dans le Mexique actuel. Le projet d’architecture et d’urbanisme est utilisé pour formuler cette matérialisation. Les outils du transect et de l’utopie sont convoqués pour proposer une méthode scientifique capable de dessiner une ville imaginaire out-topos, similaire à la plupart des cas territoriaux et typo-morphologiques des villes mexicaines. Cette ville out-topos est un véritable fond de plan sur lequel sont designées les différents scénarios de transformation

PhD’s abstract

The submitted subject is to work on the legacy of the garden city model in the Latin American world and its contemporary pertinence as an inspiration for the virtuous transformation of the Latin American cities. It will first consist on a analysis of a corpus projects which align themselves with the garden cities legacy. In a second face, it will aim for elaborate a new theoretical model capable to answer the social, economic, cultural and environmental challenges/issues that old colonial cities are facing today. Finally, this theoretical model will be put to the test in an experimentation by the project taking place in the city of Guadalajara, Mexico.

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