« Restauration de la tour Perret : essais aux limites » en replay

La conférence-débat « Restauration de la tour Perret : essais aux limites » qui a eu lieu le 12 octobre 2021 est désormais accessible en replay :

https://webikeo.fr/webinar/restauration-de-la-tour-perret-essais-aux-limites-3?message=log&redirect=%2Fwebinar%2Frestauration-de-la-tour-perret-essais-aux-limites-3%2Freplay

(replay disponible jusqu’au 16/12/2021)

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des participants pour leur présence et leur participation aux échanges.

Résumé des interventions

Intervention de François Botton : Reconstruire pour conserver, un paradoxe, une perspective.
Conserver les œuvres du XXe siècle, construites en béton armé est un choix porteur de sens culturel, économique et social. C’est aussi un défi. Les méthodes de conservation de la matière sont fréquement et artificiellement opposées au renouvellement traditionnel de la matière, fusse ce dernier réalisé «à l’identique». Ces deux pratiques concurrentes peuvent et doivent coexister. Elles sont appelées à connaitre des évolutions dans leur modalités afin de répondre à un niveau grandissant d’exigence. Le constat s’impose de l’obsolescence des premières (anodes sacrificielles, réalcalinisation). Les secondes se contentent souvent de n’être qu’approximativement « l’identique ». Enfin, le positionnement des acteurs est souvent teinté d’idéologie : le tout conservation au nom du respect indiscerné de la Charte, versus le tout reconstruit au nom de la garantie décennale. Les exemples abondent d’opérations qui peuvent se révéler des échecs, car la réalité est faite de situations complexes, entre-deux, requérant des approches différenciées et une posture pragmatique plutôt qu’idéologique. La situation est délicate lorsqu’il s’agit de parement ou de questions cosmétiques ; elle devient critique lorsque la structure est en cause. La masse et l’épiderme ne sont-ils pas liés ? Le cas de la tour Perret est emblématique de cette tension entre conservation et renouvellement contrôlé. Nous tentons actuellement d’apporter à cette restauration une méthode plus que des recettes, au bénéfice de la conservation d’un édifice doté de la puissance d’un manifeste, mais aussi d’une extrême fragilité.

Intervention de François Goven : Béton et monuments historiques, un siècle d’histoire.
La communication propose dans un premier temps de revenir sur l’histoire et le rôle du béton dans le service des monuments historiques : son usage dans la restauration après la première guerre mondiale et la reconnaissance patrimoniale de son architecture dès le début de la seconde moitié du XXe siècle. En effet, sans que le béton soit explicitement cité, il se trouve qu’en France, il constitue l’un des fils conducteurs dans la compréhension de l’histoire de ces protections, notamment au travers des architectes dont l’œuvre sera reconnue en priorité, Auguste Perret et Le Corbusier en tête.La deuxième partie abordera plus particulièrement les questions de doctrines de restauration que suscite ce matériau, au travers de quelques exemples anciens comme actuels.

Intervention d’Elisabeth Marie-Victoire : La restauration de la Tour Perret : un vivier d’expérimentations.
La construction de la tour Perret s’inscrit dans la riche histoire du développement de l’industrie cimentière française, dont Grenoble est l’un des berceaux et la tour, l’un des emblèmes. Mais la tour n’échappe pas à la principale pathologie du patrimoine en béton armé qui est la corrosion des armatures et dont le diagnostic comme la restauration sont très complexes. Dans ce contexte, une large expérimentation a été menée à la fois sur les outils de diagnostic et sur les techniques de restauration. Cette tranche expérimentale, exemplaire dans l’approche et les synergies de compétences qui ont été mises en place, aura permis non seulement de mieux définir le protocole de restauration à adopter pour la tour, mais elle aura aussi contribué à une ouverture vers de nouvelles techniques de diagnostic et de restauration pour les bétons anciens. Elle s’inscrit d’ailleurs dans un contexte général d’amélioration de la qualité et de l’intégration des réparations des bétons anciens. Le prochain défi qui devra être relevé sera de suivre la durabilité de la restauration proposée, ce qui constitue en enjeu économique et culturel considérable pour le patrimoine en béton.

Organisation

Ville de Grenoble – Direction de l’Urbanisme et de l’Aménagement, en partenariat avec le Labex AE&CC de l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble-UGA et le CAUE de l’Isère.

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