Habiter la vulnérabilité à La Réunion : renouveler le projet d’architecture face aux enjeux écologiques du XXIème siècle

Par Claire PREVOT

Thèse de doctorat débutée en 2022

Sous la direction de Sophie PAVIOL / Co-encadrement par Marco Assennato

Thèse financée par une bourse doctorale du Ministère de la Culture et du Labex AE&CC

Résumé de thèse

 

Cette thèse interroge pourquoi et comment certaines architectures construites à La Réunion, de la fin du XIXe siècle aux années 1980, peuvent être riches de connaissance pour penser autrement l’habiter du XXIe siècle, ailleurs et ici. Ce faisant, elle essaie de démontrer en quoi la situation tropicale (insularité, risques naturels, ruptures économiques et cultures composites) peut être considérée comme paradigmatique des questions environnementales et sociétales actuelles, en phase avec la conscience d’une vulnérabilité devenue mondiale.

L’originalité de ce projet tient à la position qu’il défend, ni locale, ni exotique pour pouvoir reconnaître dans les spécificités de l’habiter réunionnais des « modèles » pour faire société dans un monde global, en pensant autrement les résiliences environnementales et culturelles.

Méthodologie
Cette thèse privilégie l’enquête de terrain et l’analyse graphique. L’arpentage systématique et l’élaboration d’une grille d’analyse dont les critères renouvellent ceux des inventaires topographiques à l’aune de la situation tropicale, permettent de décrypter les dispositifs spatiaux dans leur site et les résiliences qu’ils permettent.

Corpus
Ce travail interroge l’habitat et les modes d’habiter à La Réunion dans une période longue de son histoire : de la fin du XIXe siècle aux années 1980, sans opérer de choix a priori entre architectures dites « informelles » ou « savantes ». Cette période couvre la fin de la période de la plantation, la départementalisation et le passage à une nouvelle économie.

PhD’s abstract

 

This PhD thesis concerns Réunion Island, a constrained and limited territory presenting issues regarding climate tropicalization, limited resources and multiculturalism. It invites the reader to make a paradigm change, considering that the architectural intelligence on Réunion Island reaches beyond the region. It is no longer a question of looking to Europe for models of thought to apply to overseas territories, but, instead, to seek out frugal and resilient architecture conceived in this tropical, multicultural, island situation in order to understand how to renew localized thinking of architectural projects in a global world. Therefore, this research will concentrate on the study of the accommodations and life styles on Réunion Island during a transitional period of time of its history: from the end of the 19th century to the 1980’s (end of the era of plantations, departmentalization and changeover to a new economy). Incorporating both architectural research and research in architecture, this thesis is interested in processes of creolization, which are considered as adaptation processes of ‘imported’ models as pertains to the social, economic, cultural and climate characteristics particular to Réunion Island (insularity, human migrations, multiculturalism, economic breakdown, cyclonic and volcanic risks). By analyzing spatial systems on-site, this PhD thesis’ purpose is to bring to light architectural thought processes to be reconsidered during the elaboration of architectural endeavours struggling with contemporary ecological issues. Reversing the way we look at these localized modernities will allow a different perspective on the question of living in a situation of vulnerability. 

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