Recrutement d’un.e doctorant.e : The Prince’s Foundation – Penser, transmettre et bâtir une vision de l’architecture et de l’urbanisme

Date limite de réponse : 15 septembre 2022
Pour prise de fonction en octobre 2022

Poste ouvert en CDD
Quotité de travail : 100%
Rémunération mensuelle : 1 998,61 euros brut
Localisation : AE&CC, ENSAG 60 avenue de Constantine, 38100 Grenoble

Contexte scientifique

The Prince’s Foundation se présente comme un organisme visant à « proposer des solutions holistiques aux enjeux contemporains » dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme. Différentes actions sont menées pour atteindre cet objectif : la promotion et la défense de la soutenabilité comme pierre angulaire des modes de vie et de la conception architecturale et urbaine ; l’organisation de programmes de formation à destination de divers publics ; la conception, réalisation et régénération architecturale et urbaine. Cette organisation agit donc dans des domaines distincts mais complémentaires, relevant de la réflexion théorique, de la pédagogie et de la pratique. Se pencher sur The Prince’s Foundation comme objet de recherche revient donc à interroger la manière dont une structure œuvre pour construire, diffuser et transmettre une pensée mais également pour l’appliquer au travers de projets architecturaux et urbains. Si les différentes actions et réalisations émanant de The Prince’s Foundation sont régulièrement citées dans la presse ou la littérature universitaire et professionnelle, cette organisation influente n’a jusqu’à aujourd’hui pas fait l’objet de recherches scientifiques approfondies.

Contexte institutionnel

Ce projet de thèse s’inscrit dans le cadre de collaborations existantes entre l’unité de recherche AE&CC et The Prince’s Foundation, dont les origines remontent à l’année 2016, lorsque s’initient les premiers échanges scientifiques et pédagogiques deux ans après le lancement du programme GC21 – Garden Cities for the 21st century piloté par AE&CC. Les collaborations ont depuis cette date été nombreuses et ont pris diverses formes : publication d’articles scientifiques ou de chapitres d’ouvrages, participation à des jurys de thèse, organisation de summer schools, communications conjointes dans des colloques internationaux. La volonté des deux institutions de favoriser la retombée de la recherche sur la pédagogie a également donné lieu à des actions pédagogiques régulières, notamment traduites par des échanges d’enseignants et plus particulièrement par la participation active de The Prince’s Foundation dans les actions internationales portées par le parcours de master Architecture, Environnement & Cultures Constructives dans le cadre de projets de fin d’études situés dans des territoires britanniques (notamment Welwyn Garden City et Oxford). Le succès des collaborations initiées en 2016 a donné lieu à la signature d’un Memorandum of Understanding entre l’ENSAG et The Prince’s Foundation en juin 2019, dans lequel est affirmé le souhait de poursuivre et de renforcer les actions menées entre The Prince’s Foundation, l’unité de recherche AE&CC et le parcours de master éponyme.
Si ce projet de recherche doctorale vise à renforcer les liens institutionnels entre The Prince’s Foundation et l’unité de recherche AE&CC, son objectif premier est de contribuer à la mise en œuvre du projet scientifique de l’unité de recherche AE&CC défini pour la période 2021-2025. Plus spécifiquement, ce projet s’inscrit conjointement dans l’axe « Précédents et projet » de l’équipe Cultures constructives et dans l’« Ambition commune » aux deux équipes constitutives de l’unité. La construction de ce projet de thèse est notamment fondée sur l’idée selon laquelle une recherche menée sur une organisation partageant certaines des valeurs et méthodes de travail de l’unité de recherche AE&CC permettra non seulement de produire de la connaissance sur The Prince’s Foundation, mais également de mettre en perspective les travaux menés au sein d’AE&CC.

Objectifs scientifiques

1/ Produire de la connaissance sur la pensée architecturale et urbaine traditionnelle à partir de l’un de ses acteurs majeurs

The Prince’s Foundation telle que nous la connaissons aujourd’hui a été créée en 2018. Elle est née de la fusion de plusieurs organismes : The Prince’s Foundation for Building Community, The Prince’s Regeneration Trust, The Great Steward of Scotland’s Dumfries House Trust et The Prince’s School of Traditional Arts. Parmi ceux-ci, The Prince’s Foundation for Building Community a été créée en 1998, lors de la fusion de plusieurs structures : The Prince of Wales’s Institute of Architecture (PoWIA), the Urban Villages Forum (UVF, un groupe de sensibilisation promouvant le New Urbanism au Royaume-Uni) et Regeneration through Heritage (RtH, un organisme de bienfaisance visant à former et soutenir les communautés luttant pour la préservation d’édifices industriels). La recherche doctorale proposée visera ainsi à documenter le processus par lequel ces différents organismes se sont constitués, ont évolué, puis se sont rapprochés.
The Prince’s Foundation ne s’exprime pas au nom du Prince de Galles. Pour autant, son travail s’inspire de la vision qu’il a progressivement construite et diffusée au cours des quarante dernières années. La pensée et les actions développées et mises en oeuvre par The Prince’s Foundation s’inscrivent dans le courant que l’on peut qualifier d’architecture et d’urbanisme traditionnels. En Grande-Bretagne, c’est notamment à travers l’Urban Village Group que ce courant se construit dans ses dimensions théoriques et pratiques. Publié en 1992, l’Urban Villages Report (Aldous, 1992) en établit les principes fondateurs : il s’agit de concevoir des environnements soutenables, mixtes du point de vue social et fonctionnel, propices à générer un esprit propre au lieu (sense of place) et à susciter l’engagement et la fierté de la communauté qui l’habite. Le concept d’urban village apparait essentiellement en réaction à l’urbanisme de zonage et à l’architecture issue de la production spéculative d’habitat, dont les caractéristiques sont vivement critiquées.1 L’un des principaux porte-parole de ce mouvement n’est autre que le Prince de Galles, dont l’attachement aux principes de l’architecture et de l’urbanisme traditionnels est illustré par son ouvrage A Vision of Britain, publié en 1989.2 C’est à travers le Prince of Wales Institute of Architecture, fondé en 1992, que le Prince initie la diffusion de sa vision. Devenue The Prince’s Foundation for the Built Environment en 1998, cet organisme est rebaptisé The Prince’s Foundation for Building Communities en 2012 avant de se fondre dans The Prince’s Foundation en 2018.

L’une des hypothèses qui sous-tend ce projet de recherche doctorale consiste à postuler que dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme, le courant de pensée traditionnel constitue une « communauté de discours », définie en linguistique comme un « groupe de personnes partageant une activité » (ici, une posture et/ou une pratique liée à la transformation de l’espace), dont les membres « ont généralement des objectifs partagés » et « peuvent avoir les mêmes valeurs et croyances ».3 Les membres de communautés de discours partagent également des canaux et mobilisent leur vocabulaire spécialisé.4 Cette thèse visera donc à situer The Prince’s Foundation dans le courant de l’architecture et de l’urbanisme traditionnels, lequel est régulièrement mentionné dans la littérature issue des milieux scientifiques et professionnels. Ces écrits sont de nature théorique pour les uns et critique pour les autres. Certains visent à retranscrire ou synthétiser les principes qui sous-tendent la pensée traditionnelle : ces textes ont vocation à informer le lecteur et adoptent un ton neutre. Le second type est incarné par les publications dont l’objectif n’est pas de documenter cette pensée, mais plutôt de la défendre ou a contrario de la critiquer. Ces travaux peuvent porter sur les dimensions théoriques de la pensée traditionnelle ou sur certaines des réalisations qui en découlent. Malgré la profusion d’écrits relatifs à ce mouvement toutefois, les travaux cherchant à formuler une histoire intellectuelle du mouvement, fondée sur une approche scientifique, sont pour ainsi dire inexistants. Ce projet de recherche doctorale vise donc à produire de la connaissance en la matière : il s’appuiera sur le cadre théorique et méthodologique propre à l’histoire intellectuelle et cherchera à reconstruire la généalogie de la pensée développée par The Prince’s Foundation, en la replaçant dans le contexte plus large de la pensée architecturale et urbanistique traditionnelle. La recherche s’attachera aux grandes « idées » qui sous-tendent cette pensée, aux contextes dans lesquels elles ont émergé, aux acteurs qui les ont façonnées. Au-delà, la thèse s’attachera à mettre en évidence la traduction de ces pensées dans l’action.

1. M. Biddulph, ‘The Urban Village: An Obituary?’, Urban Design Quarterly, 81, 2002, 39–40.
2. Prince of Wales, A Vision of Britain: A Personal View of Architecture (London: Doubleday, 1989).
3. Brian Paltridge, Discourse Analysis: An Introduction, Continuum Discourse Series (London ; New York: Continuum, 2006), pp. 24–25.
4. J.M. Swales, Genre Analysis: English in Academic and Research Settings (Cambridge: Cambridge University Press, 1990).

2/ Produire de la connaissance sur l’enseignement de l’architecture par l’expérimentation

La formation en architecture et en urbanisme doit permettre de doter les étudiants des savoirs, des savoir-faire et du savoir-être qui leur permettront d’exercer et de répondre aux défis sociétaux. Pour cela, elle doit aider chacun à s’approprier des connaissances, des méthodes et des attitudes, afin de favoriser leur diffusion, leur évolution et leur mise au service de nouvelles méthodes et de nouveaux concepts mieux à même de répondre aux enjeux de demain. Cette recherche doctorale aura vocation à interroger les méthodes mobilisées par The Prince’s Foundation dans le cadre des formations qu’elle dispense et auxquelles elle participe, en particulier celles fondées sur l’apprentissage par l’expérimentation.
Le cadre théorique et méthodologique mobilisé reposera en particulier sur la taxonomie des objectifs pédagogiques élaborée en 1956 par Bloom5 et réactualisée par Anderson et son équipe en 2001.6 Tous deux ont été convoqués dans des recherches en didactique au service de différents champs disciplinaires depuis. Dans celui du management, des travaux ont notamment démontré que l’utilisation de cette taxonomie permet aux étudiants d’être davantage « maîtres » de leur apprentissage, en les aidant à identifier les compétences et les savoirs qu’ils n’ont pas encore acquis.7 L’application de la taxonomie de Bloom au domaine de l’architecture n’est pas nouvelle. Des travaux scientifiques8 se sont penchés sur cette question, mais leurs objectifs demeurent généraux : ils portent sur l’enseignement du projet architectural ou de l’ingénierie et sur la conception au sens large du terme.9 Ce projet de recherche doctorale vise donc à mobiliser les taxonomies pour l’analyse d’un mode pédagogique spécifique, l’experiential learning. Ce travail de recherche nécessitera donc d’interroger simultanément les trois dimensions de cet apprentissage. La première porte sur la cognition, et concerne la transmission des fondements théories de l’architecture. La deuxième concerne l’action, et s’inscrit dans le cadre théorique et conceptuel de la praxis, autrement dit considérer que l’activité de projet ne relève plus seulement d’une pratique créative, mais également d’une philosophie pratique et éthique. La troisième tient à la dimension affective de l’apprentissage et relève des attitudes et des valeurs mobilisées. Des chercheurs ont souligné le fait que l’usage que les étudiants font de leurs acquis et la mesure dans laquelle ils s’impliquent dans les défis sociétaux et notamment dans les enjeux liés à la soutenabilité relèvent de l’affectif plus que du cognitif:10 il convient dès lors de s’interroger sur la manière dont une taxonomie spécifique à l’apprentissage par le faire pourrait s’emparer de la question tant elle est fondée sur le fait d’adhérer et de porter une vision de l’architecture et du monde respectueuse des lieux, des populations et des ressources. Les travaux que Bloom a menés avec Krathwohl et Masica11 offrent ici un cadre théorique et méthodologique pertinent. Ils ont d’ailleurs déjà fait l’objet d’applications dans d’autres champs disciplinaires, par exemple dans celui de l’action sociale.12

Le corpus mobilisé pour ce volet de la recherche doctorale sera composé d’un éventail de formations dispensées par The Prince’s Foundation. L’enseignement proposé par The Prince’s Foundation est ancré dans le learning by doing depuis ses origines et repose sur le principe du cognitive apprenticeship. Celui-ci a notamment été défini dans la plaquette de présentation du Master in Sustainable Urbanism comme « une combinaison de théorie et de pratique de l’urbanisme soutenable […], laquelle comprend des mises en situation professionnelle ». Il est précisé que les « diplômés seront fortement ancrés dans la philosophie, la pratique et les principes de l’urbanisme durable ». Cette approche de la formation vise à reproduire les conditions de l’alternance, lesquelles permettent aux étudiants d’acquérir des savoirs et savoir-faire par l’observation du travail de celles et ceux qui sont déjà formés dans le domaine en question. Ce processus permet de corriger les erreurs ou incompréhensions dans un climat collaboratif, plutôt qu’au travers d’une évaluation sommative. Les rendus produits par les étudiants prennent notamment la forme de rédactions dans lesquelles ils abordent leur apprentissage de manière réflexive et le mettent en perspective par le prisme de leurs propres recherches et lectures théoriques.

Parmi les formations devant intégrer le corpus, l’on citera notamment :

  • Le Building Crafts Programme, dont l’objectif est de promouvoir et de valoriser l’artisanat dans l’architecture et la construction. Il s’adresse avant tout à celles et ceux qui oeuvrent dans le secteur du bâtiment et dont l’activité concerne notamment la maçonnerie, la ferronnerie, la plâtrerie, la charpenterie et la couverture en tuiles ou chaume, la peinture ou la décoration. Il est fondé sur le constat que de nombreux artisans sont proches de l’âge de la retraite et que la formation d’une nouvelle génération est nécessaire pour assurer la pérennité et la transmission des savoir-faire. Ce programme participe également de la volonté de The Prince’s Foundation de mettre en lumière le rôle des savoir-faire traditionnels dans la conception et la réalisation d’habitats contemporains. La formation propose un éventail de modalités pédagogiques et comprend un projet Live Build d’une durée de douze semaines, au cours duquel les apprenants conçoivent et réalisent. La formation inclut également une immersion dans le secteur industriel d’une durée de douze semaines.
  • Le Master of Science (MSc.) in Sustainable Urban Development, proposé par The Prince’s Foundation en partenariat avec l’Université d’Oxford, chargée de l’accréditation. Le cursus repose sur divers modes pédagogiques tels que des séminaires, des visites de terrain, des ateliers et tutorats. La formation s’organise autour de thèmes fondamentaux : une introduction aux enjeux du développement urbain soutenable ; le changement climatique ; le design urbain ; l’économie ; la mobilité ; les communautés ; les pays du Sud ; la gouvernance.

La recherche doctorale reposera notamment sur des périodes d’immersion dans ces différentes formations et donc sur l’observation participante. Cette posture permettra de documenter, d’analyser et de restituer les modalités d’apprentissage de l’architecture et de l’urbanisme mises en œuvre par The Prince’s Foundation. Elle permettra de produire de la connaissance relative à la didactique du projet architectural et urbain et aura vocation à retomber sur la pédagogie dispensée à l’ENSAG (voir paragraphes infra). La recherche mobilisera également l’entretien, tant avec les pédagogues qu’avec des étudiants actuels ou d’anciens étudiants.

5. Benjamin Bloom and Association of College and University Examiners, Taxonomy of Educational Objectives: The Classification of Educational Goals. (London: Longmans, 1956).
6. A Taxonomy for Learning, Teaching, and Assessing: A Revision of Bloom’s Taxonomy of Educational Objectives, ed. by Lorin W. Anderson and David R. Krathwohl, Complete ed (New York: Longman, 2001).
7. Nicholas Athanassiou, Jeanne M. McNett, and Carol Harvey, ‘Critical Thinking in the Management Classroom: Bloom’s Taxonomy as a Learning Tool’, Journal of Management Education, 27.5 (2003), 533–55.
8. Nik Lukman Nik Ibrahim and Nangkula Utaberta, ‘Learning in Architecture Design Studio’, Procedia – Social and Behavioral Sciences, 60 (2012), 30–35.
9. Edmond Saliklis, Robert Arens, and Joseph Hanus, ‘Teaching Architects And Engineers: Up And Down The Taxonomy’, in Association for Engineering Education – Engineering Library Division Papers, 2009, 14.1126.1, 14.1126.1.
10. Nell Buissink-Smith, Samuel Mann, and Kerry Shephard, ‘How Do We Measure Affective Learning in Higher Education?’, Journal of Education for Sustainable Development, 5.1 (2011), 101–14.
11. David Krathwohl, Benjamin Bloom, and Bertram Masica, Taxonomy of Educational Objectives: The Classification of Educational Goals. Handbook 2, Affective Domain (London: Longmans, 1964).
12. Karen Neuman Allen and Bruce Friedman, ‘Affective Learning: A Taxonomy for Teaching Social Work Values’, Journal of Social Work Values and Ethics, 7.2 (2010), 41–53.

3/ Produire de la connaissance sur la mise en oeuvre des principes de l’architecture et de l’urbanisme traditionnels

Le Prince de Galles a collaboré avec Nick Wates, spécialiste des processus participatifs, ainsi qu’avec Rod Hackney, Président du Royal Institute of British Architects de 1987 à 1989. Ces coopérations ont en particulier été développées dans un contexte caractérisé par la mise en oeuvre d’importants projets de renouvellement urbain dans les premières couronnes péricentrales (inner cities) de grandes villes britanniques. Rod Hackney s’était fait connaître en s’opposant fermement à la démolition d’habitats hérités de l’époque victorienne à Macclesfield près de Manchester. En tant que fervent défenseur de la participation citoyenne dans les processus de mutation urbaine, le Prince de Galles avait apporté son soutien au travail de Hackney à la fin des années 1980. Nick Wates avait pour sa part été impliqué dans le mouvement de squatteurs à Tolmers Square, dans le nord de Londres et avait publié Community Architecture : How People are Creating their Own Environment en 1987. Quelques années plus tard, the Prince of Wales Institute of Architecture finança une recherche sur les techniques de participation menée par Wates, laquelle donna lieu à la publication de Action Planning : How to Use Planning Weekends and Urban Design Action Teams to Improve Your Environments en 1996, puis The Community Engagement Handbook en 2000. Les deux ouvrages ont été traduits dans de nombreuses langues et une version « en ligne » est proposée depuis 2014.


En 1998, The Prince’s Foundation for the Built Environment initia une collaboration avec les urban designers Chip Kaufman et Wendy Morris, basés à Melbourne, afin de travailler sur les premières phases de l’extension urbaine d’Upton non loin de Northampton. Le projet fut poursuivi et mis en oeuvre par une équipe d’architectes et d’urbanistes de The Prince’s Foundation for the Built Environment, dirigée par Paul Murrain et Ben Bolgar. Cette réalisation fut citée en exemple par les gouvernements travaillistes de Tony Blair puis Gordon Brown entre 1997 et 2010 : elle a en particulier été la première à intégrer un dispositif de gestion de l’eau de type SUDs à grande échelle.
L’équipe de concepteurs de The Prince’s Foundation a par la suite renforcé son expertise et son équipe, et a multiplié les projets d’extension urbaine, notamment à Sherford (Plymouth) et à Nanseldan (Newquay). En s’appuyant sur les enseignements de l’expérience de Poundbury, réalisée par Léon Krier pour le compte du Duché des Cornouailles et à laquelle de nombreux alumni de la Foundation ont contribué, ces différents projets ont cherché à proposer des modalités innovantes de mise en oeuvre d’un habitat offrant davantage de mixité et de densité que les projets conventionnels habituellement trouvés dans les périphéries des villes. The Prince’s Foundation a en outre contribué à différentes réalisations à l’étranger, en particulier à Libreville au Gabon et dans une ville nouvelle à Bahreïn.

The Prince’s Foundation défend l’idée selon laquelle la formation doit être nourrie par la recherche et la pratique : la pratique doit être alimentée par la recherche, la formation soutenue par la pratique et la recherche doit notamment interroger les impacts de la pratique. Pour atteindre ces objectifs, l’équipe de praticiens de The Prince’s Foundation participe aux enseignements, les étudiants contribuent à des projets opérationnels et la recherche menée au sein de l’organisation vise avant tout à rechercher des solutions aux enjeux rencontrés dans la pratique.


La recherche doctorale comprendra une période d’immersion au sein de l’équipe de praticiens de The Prince’s Foundation. Il s’agira ici encore de se placer en situation d’observation participante afin de documenter, d’analyser et de restituer les modalités de pratiques de l’architecture et de l’urbanisme de The Prince’s Foundation. Le cadre théorique mobilisé s’appuiera notamment sur les travaux mobilisés par les chercheurs de l’unité de recherche AE&CC dans le cadre de « l’Ambition commune ». La recherche s’appuiera également sur des entretiens avec les praticiens de The Prince’s Foundation.

Objectifs pédagogiques : favoriser les retombées de la recherche sur la formation

Ce projet s’appuie sur des liens étroits entre recherche et enseignement, il enrichira la méthode de l’analyse polymathe développée en master 2 AE&CC fondée sur le principe d’une boucle vertueuse analyse-projet par laquelle les étudiants construisent le récit d’un territoire vivable et désirable. Cette méthode s’appuie sur différents travaux et méthodes, en particulier sur le transect, issu du New Urbanism et mobilisé par The Prince’s Foundation. Il est attendu que les recherches menées dans le cadre de la thèse contribuent à alimenter la pédagogie développée par l’équipe du Master AE&CC.
Il est également attendu que la participation aux enseignements de type learning by doing dispensés par The Prince’s Foundation permettent au doctorant / à la doctorante de contribuer aux réflexions relatives à l’enseignement par l’expérimentation proposé en première année de master AE&CC et à « l’Ambition commune » de l’unité de recherche AE&CC.

Calendrier des investigations scientifiques

Octobre 2022 – juin 2023

  • Formalisation du cadre théorique et méthodologique mobilisé pour l’appréhension, par l’histoireintellectuelle et les réseaux ;
  • Mobilité de courte durée en Grande-Bretagne : recueil et dépouillement de ressources bibliographiques àla bibliothèque et dans les archives de The Prince’s Foundation à Londres, ainsi qu’à la Bodleian Library del’Université d’Oxford
  • Entretiens exploratoires avec des acteurs de The Prince’s Foundation
  • Retranscription, analyse et exploitation des entretiens
  • Rédaction de la première partie de la thèse
  • Participation à la Health & Urbanism Autumn School à l’université d’Oxford

Juillet 2023

  • Observation participante dans le cadre d’une Summer School organisée par The Prince’s Foundation
  • Entretiens au cours de la summer school avec des formateurs et apprenants
  • Retranscription, analyse et exploitation des entretiens

Septembre 2023 – mars 2024

  • Formalisation du cadre théorique et méthodologique mobilisé pour l’appréhension de l’apprentissage parle faire
  • Poursuite de l’observation participante dans le cadre de formations dispensées par la Prince’s Foundation,notamment au niveau formation continue et master.
  • Entretiens avec des formateurs et des étudiants actuels et anciens
  • Retranscription, analyse et exploitation des entretiens
  • Rédaction de la deuxième partie de la thèse

Avril – décembre 2024

  • Observation participante au sein de l’équipe de conception de la Prince’s Foundation
  • Entretiens avec des concepteurs de l’équipe de la Foundation
  • Retranscription, analyse et exploitation des entretiens

Janvier – septembre 2025

  • Rédaction de la troisième partie de la thèse
  • Diffusion de la recherche : rédaction d’un article scientifique

Calendrier des charges de service

  • Octobre 2022, 2023 et 2024 : Participation au séminaire adossé au studio de M2 Architecture,Environnement & Cultures Constructives, dans le cadre de l’analyse polymathe
  • Octobre 2022 : Participation à l’Autumn School “Health & Urbanism” organisée par AE&CC, The Prince’sFoundation, l’université d’Oxford et l’université du Hertfordshire
  • Années universitaires 2022, 2023 et 2024 : participation à l’enseignement du projet en M1 AE&CC
  • 2022 et 2023 : participation aux travaux de l’Ambition Commune de l’Unité de Recherche AE&CC

Modalités de candidature

Condition d’accès

Les candidat.e.s seront titulaires d’un diplôme de niveau master en architecture ou en urbanisme, délivré par un établissement d’enseignement supérieur français ou étranger.

Constitution du dossier de candidature

Les dossiers de candidature comprendront impérativement les pièces suivantes :

  • Un curriculum vitae détaillé ;
  • Une lettre de motivation rédigée en langue française (trois pages maximum) ;
  • Un relevé de notes de master 1 et de master 2
  • Une certification CLES (ou équivalent) d’un niveau B1 minimum en langue anglaise ;
  • Pour les candidats étrangers, une certification du niveau de langue C1 minimum en langue française.

Les candidat.e.s retenu.e.s pour une audition seront informés sept jours avant la date de l’audition. Les auditions auront lieu en présentiel à Grenoble. Une dérogation exceptionnelle pourra être demandée pour une audition en visioconférence, notamment pour les candidats résidents à l’étranger.

Critères de sélection

Les candidat.e.s auditionné.e.s seront évalué.e.s selon les critères suivants :

  • Positionnement scientifique au regard du sujet proposé, capacité à se l’approprier ;
  • Présentation : clarté de l’exposé, pertinence des réponses aux questions posées, qualité de l’expression orale, savoir-être ;
  • Potentiel : cursus universitaire, adéquation entre le projet de thèse et le profil du / de la candidat.e, expérience en matière de recherche, projet professionnel d’après thèse ;
  • Maitrise des langues française et anglaise : l’audition aura lieu dans les deux langues.

La composition du comité chargé de l’audition des candidat.e.s sera rendue publique avant la tenue des auditions.
Le / la candidat.e. retenu.e sera notifié.e de sa sélection au plus tard sept jours après l’audition.

Envoi des candidatures

Les dossiers sont à transmettre par voie électronique au plus tard le 15 septembre 2022 :

Stéphane Sadoux, directeur de l’unité de recherche AE&CC, sadoux.s@grenoble.archi.fr
Copie à : labex@grenoble.archi.fr

Pour toute information complémentaire

Sur le recrutement :
Stéphane Sadoux, directeur de l’unité de recherche AE&CC
sadoux.s@grenoble.archi.fr

Sur la recherche doctorale :
Anne Coste, directrice de thèse
coste.a@grenoble.archi.fr

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