Recrutement d’un.e doctorant.e : Toitures végétalisées, historiographie et réceptions

Date limite de réponse : 15 septembre 2022
Pour prise de fonction en octobre 2022

Poste ouvert en CDD
Quotité de travail : 100%
Rémunération mensuelle : 1 998,61 euros brut
Localisation : AE&CC, ENSAG 60 avenue de Constantine, 38100 Grenoble

Contexte scientifique du projet de thèse

La toiture végétalisée, emblématique d’une certaine modernité de l’architecture du début du XXe siècle, suscite aujourd’hui un véritable regain d’intérêt auprès des usagers, des associations pour l’environnement et des collectivités territoriales. La prise de conscience environnementale du début des années 1970 avait contribué à une première redécouverte des « toits-jardins ». Depuis quelques années, cette « réponse » environnementale semble se faire aussi nourricière, avec la réalisation de potagers sur des toitures-terrasses existantes, détournées de leurs usages initiaux. Les toitures végétalisées fleurissent dans les grandes métropoles dont elles transforment les terrasses sommitales en lieux de « nature » sensés servir de refuge à la flore et à la faune locales. Elles séduisent les urbains qui en mesurent les intérêts pour leur confort, la biodiversité, la récolte des eaux pluviales, la lutte contre les pollutions et le réchauffement climatique.
Symptomatique de cet intérêt du grand public, la toiture végétalisée est devenue un thème apprécié des médias. Le caractère esthétique, pour ne pas dire photogénique, de ses représentations n’est pas étranger à cet engouement. Alors que les échos de la toiture étaient autrefois relégués à une certaine marginalité architecturale, réservés aux revues spécialisées, les projets actuels suscitent des articles, une iconographie et des pages dédiées dans des périodiques à destination de tous les lecteurs. Si les qualités architecturales, urbaines et environnementales de nombre de ces projets méritent d’être discutées, leur diffusion participe d’une transformation du regard et de la perception des questions d’architecture et d’environnement.

Ce sujet de thèse s’inscrit à la fois dans les axes thématiques « Précédents et projets » et « Transitions et transformations socio-environnementales » de l’unité de recherche « Architecture, Environnement et Cultures Constructives » (AE&CC, ENSAG-UGA).

Enjeu scientifique du projet de thèse

Cette thèse de doctorat n’a pas pour objectif l’écriture d’une nouvelle monographie sur des architectures, en particulier du début XXe siècle, qui ont proposé des toitures végétalisées. Elle souhaite interroger à nouveaux frais l’historicité, la construction théorique et les réceptions de ce dispositif spatial et (type, modèle, idée, utopie, voire concept…), la diversité de leurs enjeux, projets et réalisations, la cyclicité de leurs fortunes et infortunes au XXe siècle.
Elle pourra interroger tour à tour les imaginaires d’ordre mythique et/ou symbolique dont les toitures végétalisées sont porteuses, les porosités disciplinaires que requièrent leurs projets et mises en oeuvre, les modes d’habiter qu’elles permettent et ce que leur essor doit aux nouvelles techniques de visibilité (photographies aériennes, images satellites, drones…).
Pour ce faire, elle développera une histoire des idées qui s’inscrira à la croisée de l’histoires de l’architecture, de l’histoire de l’urbanisme et de l’histoire du paysage, de l’architecture, de l’urbanisme et des sciences de l’environnement pour proposer une contribution originale et fouillée au débat contemporain.programmatique, architectural et paysager, architectural et urbain. Elle mettra en discussion le statut des toitures végétalisées

Démarche méthodologique

Cette recherche accordera une place privilégiée à l’exploration des sources primaires et des sources secondaires. La consultation des fonds d’archives d’architectes et d’urbanistes, de revues d’architectures, de revues d’urbanisme et de revues d’art, de magazines, de bandes dessinées et de cartes postales permettra de mieux saisir la diffusion de la toiture végétalisée et de ses réceptions, à différentes périodes de l’histoire, au sein des communautés des professionnels, des amateurs d’architectures et du grand public. Le corpus pourra également intégrer des expositions internationales et des films de fiction. Dans un souci de ne pas isoler la question de la toiture végétalisée, son traitement veillera à expliquer avec précision les différents écosystèmes (environnementaux, culturels et sociétaux) auxquels elles appartiennent.

Bibliographie indicative de l’approche méthodologique

  • Baudouï Rémi, « L’urbanisme comme science de l’hygiène dans la première moitié du XXe siècle », in Lévy, Albert, Ville, urbanisme et santé : les trois révolutions, Paris, Pascal, 2012, p. 137-156.
  • Cohen Jean-Louis, « Le camouflage ou la tentation de l’invisible », Architecture en uniforme : projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale, Paris/Montréal, Hazan/CCA, 2011, p. 187-219.
  • Damisch Hubert, Skyline : la ville Narcisse, Paris, Seuil, 1996
  • Hinchcliffe Tanis et Deriu Davide, Aerial Views of Metropolitan London, The London Journal, vol. 35, 2010.
  • Janière Hélène, Politiques éditoriales et architecture « moderne » : l’émergence de nouvelles revues en France et en Italie (1923-1939), Paris, Argument, 2002.
  • « Jardiner », Les carnets du paysage, n°9-10, École nationale supérieure du paysage/Acte Sud, juin 2003.
  • Simond Clothilde et Paviol Sophie, Cinéma et architecture : la relève de l’art, Lyon, Aléas, 2009

Modalités de candidature

Condition d’accès

Les candidat.e.s seront titulaires d’un diplôme de niveau master délivré par un établissement d’enseignement supérieur français ou étranger. Seront privilégiés les candidats diplômés en architecture, urbanisme, paysage, histoire ou communication.

Constitution du dossier de candidature

Les dossiers de candidature comprendront impérativement les pièces suivantes :

  •  Un curriculum vitae détaillé (4 pages maximum)
  • Une lettre de motivation rédigée en langue française (2 pages maximum)
  • Le projet de thèse : précision/appropriation par le candidat du projet de thèse, objectifs du projet de thèse, précision de la démarche méthodologique, corpus indicatif, calendrier prévisionnel des investigations, bibliographie indicative (8 pages maximum)
  • Un relevé de notes de master 1 et de master 2
  • Pour les candidats étrangers, une certification du niveau de langue C1 minimum en langue française

Les candidat.e.s retenu.e.s pour une audition seront informés sept jours avant la date de l’audition. Les auditions auront lieu en présentiel à Grenoble. Une dérogation exceptionnelle pourra être demandée pour une audition en visioconférence, notamment pour les candidats résidants à l’étranger.

Critères de sélection

Les candidat.e.s auditionné.s seront évalué.s selon les critères suivants :

  • Positionnement scientifique au regard du sujet proposé, capacité à se l’approprier ;
  • Présentation : clarté de l’exposé, pertinence des réponses aux questions posées, qualité de l’expression orale, savoir-être ;
  • Potentiel : cursus universitaire, adéquation entre le projet de thèse et le profil du / de la candidat.e,expérience en matière de recherche, projet professionnel d’après thèse.

La composition du comité chargé de l’audition des candidat.e.s sera rendue public sept jours avant la tenue des auditions.
Le / la candidat.e. retenu.e sera notifié.e de sa sélection au plus tard sept jours après l’audition.

Envoi des candidatures

Les dossiers sont à transmettre par voie électronique au plus tard le 15 septembre 2022 : Stéphane Sadoux, directeur de l’unité de recherche AE&CC : sadoux.s@grenoble.archi.fr Copie à : labex@grenoble.archi.fr

Pour toute information complémentaire

Sur le recrutement :
Stéphane Sadoux, directeur de l’unité de recherche AE&CC
sadoux.s@grenoble.archi.fr

Sur la recherche doctorale :
Sophie Paviol, directrice de thèse
paviol.s@grenoble.archi.fr

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