Présentation

A PROPOS

Historique

Architecture, Environnement & Cultures Constructives (AE&CC) est une unité de recherche en architecture localisée à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, sous tutelle du Ministère de la Culture. Elle est née en 2010 du rapprochement des laboratoires Cultures Constructives (initialement ‘Dessin/Chantier’) et CRAterre, respectivement fondés en 1978 et 1979. Le projet scientifique élaboré dans le cadre de ce rapprochement, évalué A+ par l’AERES, a permis le dépôt d’une candidature au statut de Laboratoire d’Excellence (LabEx), obtenu en 2011 et qui vient d’être reconduit pour cinq ans suite à l’évaluation positive de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) reçue début 2019.  

Positionnement

AE&CC positionne ses recherches dans le cadre des réflexions internationales sur la nécessité d’adapter les pensées et pratiques en matière d’architecture et d’urbanisme en réponse aux grands enjeux actuels que sont le l’urgence climatique, la croissance démographique, les migrations et l’urbanisation rapide, avec en prérequis, l’établissement de conditions pour la résilience et une gouvernance favorisant l’équité, la diversité culturelle et la paix entre les hommes (ODD des Nations Unies à l’horizon 2030).

Cultures constructives

Le champ scientifique de l’unité de recherche est celui de l’architecture à toutes les échelles. Les recherches des deux équipes qui composent l’unité sont fondées sur le partage d’une notion commune, celle de cultures constructives, laquelle qualifie un regard sur l’architecture éclairé par les deux termes de « culture » et de « construction » renvoyant respectivement à la sphère anthropologique et au domaine technique, soit aux sociétés humaines, dans leur pluralité, leurs traditions, leurs représentations, et à l’univers des techniques. Suivant cette conception, dans le domaine de l’architecture, l’agir prime sur la forme. « Bâtir » : telle est la fonction qu’interrogent les cultures constructives. Pour une part majeure de son objet, le projet de bâtir rejoint celui d’« habiter », de s’établir. Dès lors, les objets de la construction – matériaux, techniques, outillages requis, contrôle des ambiances, maintenance, etc. – sont qualifiables dans leur dimension éthique, responsable : implantation, ressources, savoir-faire, environnement, consommation, recyclage.

Ainsi, c’est à parts égales que l’intérêt des chercheurs de notre unité de recherche porte sur :

  • les modes d’habiter, d’utiliser, d’entretenir, de gérer, de faire évoluer le bâti ;
  • les matériaux employés, leur origine : extraction, transformation, livraison sur le chantier,
  • les techniques de mise en œuvre, moyens, savoirs et savoir-faire déployés ;
  • les nécessités environnementales, énergétiques et thermiques telles qu’on sait les déterminer ;
  • l’organisation, le rôle et la valorisation des différents acteurs à ces diverses étapes.

La prise en compte de ces critères aide à mieux mesurer l’adaptation au contexte et aide à mieux évaluer l’impact économique et social du bâti. Elle aide à apprécier la possible valorisation des ressources locales, humaines, naturelles et matérielles. De tels critères permettent encore d’évaluer la façon dont la production de l’habitat contribue au bien-être et au développement local y compris grâce aux effets d’entraînement qu’elle peut engendrer.

Le concept de Cultures constructives, au pluriel, permet de reconnaître la diversité des cultures qui se sont développées et qui continuent de se développer localement, leur intelligence, leur génie, avec ou en dépit des conditions environnementales particulières qui les voit s’épanouir ou dépérir ; d’en tirer des leçons, y compris sur les évolutions qu’elles ont connues à différentes époques. 

Le recours aux « cultures constructives » permet d’envisager l’architecture, plus généralement la production architecturale, en mobilisant les ressources des territoires et en faisant des choix éclairés quant aux impacts sociaux, économiques, environnementaux et culturels à tous les stades du cycle de vie du bâti. Il permet de contrer certains effets néfastes d’une mondialisation culturellement et techniquement aliénante.